Entretien avec Madame Hélène Weber, enseignante, psychologue, sociologue, experte et formatrice de référence pour la réussite scolaire

Entretien avec Madame Hélène Weber, enseignante, psychologue, sociologue, experte et formatrice de référence pour la réussite scolaire

Titulaire d'un Doctorat en Sociologie et d’un Master de Psychologie Clinique, Mme Hélène Weber, que j’ai l’immense plaisir d’accueillir aujourd’hui sur ABC Champions, est également auteur de plusieurs livres, enseignante dans plusieurs universités en France dont notamment l’Université de technologie de Troyes ; psychologue, sociologue, experte et formatrice de référence pour la réussite scolaire; et, sur Internet, auteur du blog Donnez du sens à vos études.

ABC Champions : Bonjour Hélène, et merci d’avoir accepté de nous accorder cet entretien avec vous.

Hélène Weber : Bonjour Gervais. Merci de m’offrir cette opportunité.

Quand on regarde votre parcours, et tout ce que vous faites, une chose saute tout de suite aux yeux : l’excellence. Et surtout une question que je vous pose d’ailleurs tout de suite: comment faites-vous pour gérer autant d’activités, tenir autant de portefeuilles ? Quel est en quelques mots votre secret, qui certainement inspirerait aussi ceux qui nous lisent ?

Hélène Weber : Mener plusieurs activités est important pour moi. J’ai besoin de mener plusieurs projets en parallèle pour me sentir bien. C’est ce qui me permet aussi d’être plus créative : vivre des expériences variées et complémentaires.

Par contre, même si je m’occupe de plusieurs choses en parallèle, je ne fais qu’une seule chose à la fois pour ne pas me disperser. J’ai besoin d’être complètement immergée dans ce que je fais, en éliminant autour de moi toutes les sources de distraction.

Enfin, je limite le nombre d’engagements que je prends à un moment donné. Ainsi je me concentre sur les choses essentielles, qui me font avancer dans mes tâches principales, mes projets principaux.

Inspirant!  Ces principes ressemblent fort aux enseignements du livre « l’art d’aller à l’essentiel », de Léo Babauta.

Hélène Weber: Tout à fait. Un livre intéressant sur l’organisation et la gestion du temps.

Nos lecteurs, ici, aimeraient tellement que vous leur parliez de la réussite scolaire et que vous leur livriez quelques secrets pour davantage briller dans leurs études. Sur le blog « donnez du sens à vos études », c’est d’ailleurs ce que vous faites, et qui, on le voit, est votre passion.

« Donner du sens à vos études ». Pourquoi avoir choisi de donner un tel nom à votre site ?

Hélène Weber : J’ai fait le constat en tant qu’enseignante, que beaucoup d’élèves restent plus ou moins passifs lorsqu’ils sont confrontés à des tâches scolaires. Je m’explique. Parmi les élèves qui me demandent de l’aide via mon blog, certains me disent : « s’il vous plait…pourriez-vous rédiger mon Introduction pour moi ?», «Pourriez-vous résoudre cette équation et me donner la réponse?», «Pourriez-vous rédiger ce rapport pour moi?». Tout se passe comme s’ils souhaitaient que l’on fasse le travail à leur place. J’essaye de les aider à adopter une  posture active et de les guider pour qu’ils trouvent eux-mêmes la réponse aux questions qu’ils se posent.

Beaucoup viennent également avec des questions précises. Au lieu de vous demander «pourriez-vous rédiger mon Introduction pour moi?», ils vous diront par exemple, «j’ai commencé à rédiger mon Intro, mais je bloque au niveau de la présentation du plan. En fait, je ne sais pas exactement comment faire ci, ou ça…pourriez-vous me donner des idées ? ». Ça, c’est précis.

En matière d’apprentissage, certains étudiants cherchent à mémoriser sans réfléchir, sans comprendre. Ils s’impliquent le moins possible. Dans le cadre des études supérieures, ce mode devient vite inopérant.

Plus un étudiant est acteur, plus il se pose de questions, plus il questionne ce qu’il lit, plus il va apprendre en profondeur et donner du sens à ses études.

Beaucoup de gens, en général, pensent que les étudiants qui réussissent brillamment dans leurs études sont nés intelligents ou, comme on entend souvent, les étudiants brillants sont « nés avec ». Qu’en dites-vous ? Les mauvais résultats en classe, par exemple, sont-ils nécessairement le fait d’un manque d’intelligence ?

Hélène Weber : Je pense qu’il faut avoir une réponse très mesurée concernant cette question. Nous ne naissons pas tous dans des familles aux ressources équivalentes, nous ne grandissons pas dans les mêmes environnements, nous n’investissons pas tous les mêmes types d’intelligences (cf. théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner).

Malheureusement, l’école ne valorise globalement que certaines de ces intelligences, marginalisant ainsi toutes les autres. De ce fait, elle marginalise les élèves qui disposent d’autres capacités que celles qui sont valorisées dans le milieu scolaire. Ces capacités ont beaucoup de valeur mais elles ne leur permettent pas d’être bons à l’école.

Toutefois, il est important de noter que même si tout le monde n’a pas les mêmes capacités, tout le monde a la possibilité d’avancer, de progresser et de se réaliser. Tout le monde peut progresser. Il me semble que c’est sur cela qu’il faut insister.

Une autre croyance, très populaire d’ailleurs, associe toujours réussite à travail acharné. Est-ce que travailler dur suffit à résoudre le problème de l’échec? Que faudrait-il peut-être en plus ?

Hélène Weber : Travailler ne suffit pas. Il faut distinguer le volume de travail et la façon dont on s’y prend pour apprendre. Il y a par exemple des élèves qui ne travaillent qu’à la dernière minute, n’ont pas l’impression d’aller au fond des choses, mais s’en sortent quand même. D’autres, par contre, travaillent plus dur, plus fort, mais n’y arrivent pas. La différence réside principalement dans le comment je travaille, dans la qualité du travail. Il faut d’abord chercher à bien travailler, avant de chercher à travailler beaucoup.

Absolument. Ceci rejoint d’ailleurs exactement les mêmes idées que nous avons exposées dans un des articles sur notre site : Travailler dur ou travailler bien? Les 4 catégories d’élèves.

Beaucoup d’étudiants ont perdu le goût d’apprendre, et sont parfois accablés et au bord de l’abandon. Alors, Hélène, perdre le goût d’apprendre (ou ne l’avoir jamais eu) est-il condamnable ou irrécupérable ?

Hélène Weber : Non, absolument pas. Vous connaissez surement la citation de Montaigne qui dit, « un élève n’est pas un vase qu’on remplit, c’est un feu qu’on allume ».
Quand l’élève réalise pourquoi il doit travailler, quand il a l’envie, le goût de ce qu’il fait, le tour est joué. Un élève avec qui j’ai travaillé s’était mal orienté se sentait perdu, démotivé, et obtenait de mauvais résultats. Il a suffi de revoir avec lui son projet et redéfinir de nouveaux objectifs pour qu’il soit en mesure de révéler son potentiel.

La question à se poser est la suivante: « qui je suis, où je vais, où est ma place ? ». Étudier pour étudier n’est pas la clé; il faut amener les élèves à réaliser pourquoi ils sont là.

Sur ABC Champions actuellement, nous sommes en plein dans un programme spécial de préparation des examens de fin d’année. En tant qu’enseignante, et ayant énormément travaillé avec divers élèves, vous savez mieux que quiconque à quel point beaucoup d’étudiants sont inquiets, anxieux, particulièrement en cette période d’examens. Quels conseils pouvez-vous leur donner pour mieux gérer leur stress ?

Hélène Weber : En psychologie cognitive, pour appréhender la question du stress et tenter de l’apprivoiser, nous sommes invités à répondre à deux questions : 1- «la situation que j’ai à affronter comporte-t-elle un risque ?» 2- «ai-je les moyens pour affronter cette situation ?».

Dans le cadre des examens, concernant la question 1, nous avons tendance  à raisonner de la façon suivante : «si je ne fais pas bien, j’échoue. Il y a donc bien un risque». Il s’agit alors de relativiser les conséquences d’un échec, se donner une solution de rechange, et se dire « si ça ne marche pas, je fais quoi ?». Essayer de visualiser ce que cela entrainerait. Envisager le pire, et se dire «si jamais cela arrive qu’est-ce que je fais ? Si jamais j’échoue, je fais quoi ?» Affronter sa peur, prendre le temps de se trouver une solution de rechange peut aider à s’apaiser et surtout, nous donner les ressources d’affronter les examens avec davantage de sérénité.

Ensuite, il faut se relaxer, respirer à fond, se détendre, et se demander, «comment je vais organiser mon travail?». Et là intervient la deuxième question, « ai-je les moyens pour affronter cette situation ?». Le moyen, ici, est par exemple de se mettre en situation d’examen pendant la préparation. Prendre une épreuve, une feuille, et répondre aux questions, en reproduisant au maximum la situation de l’examen. Prendre confiance en soi, en se préparant au mieux, passe aussi par l’expérience et  une préparation sérieuse en amont.

Et, de manière générale, que pouvez-vous conseiller aux jeunes qui sont accablés par leurs échecs, parfois découragés et au bord de l’abandon ?

Hélène Weber : Une chose que je conseille dans ce cas,  c’est de s’inspirer d’autres personnes, que ce soit ceux qui ont bien réussi ou même et surtout ceux qui ont échoué. Allez lire les témoignages des personnes qui évoquent leurs échecs, leurs difficultés, et la manière de les surmonter. Ça aide vraiment.

Quels conseils simples pour les élèves, en général, dans la réussite de leurs études?

Hélène Weber :

Plus les étudiants ont des difficultés, plus ils ont tendance à s’isoler. Une chose qui me parait très importante est de créer des liens avec les autres. Aller vers les autres. Pour certains, c’est naturel, pour d’autres non. Mais c’est un des paramètres essentiels de réussite des projets que l’on entreprend.

Cela permet le partage d’expérience, de savoir qu’on n’est pas seul dans telle ou telle situation, et même de discuter de solutions qui peuvent nous être utiles ou affiner les solutions que l’on a déjà.

Trouver aussi de cette manière des opportunités de partager des activités qui nous plaisent (activités parascolaires par exemple) permet de se changer les idées, de s’évader, de faire le vide, et encore une fois, de s’entourer.



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Comment viser l’excellence à l’école? La Méthode à la chinoise…

Hélène, vos réponses valent une mine d’or. Merci beaucoup pour ce bel échange que vous avez accepté d’avoir avec nous. Il fera du bien à nos lecteurs, que j’encourage d’ailleurs à visiter votre blog, « donnez du sens à vos études », qui se trouve à l’adresse :

www.donnezdusens.fr

Et, champions, pour ceux qui n’ont pas encore créé leur compte sur notre site, ABC Champions, ne quittez pas l’article sans le faire. C’est un geste qui vous prendra quelques secondes, et vous sauvera des mois et des années dans vos études. Pour créer votre compte sur le site et profiter d’exclusivités réservées aux membres, cliquez sur le lien qui se trouve juste-là :

Cliquez ici pour créer votre compte sur le site

 Quand nous avons annoncé cet entretien sur la page Facebook, vous avez été nombreux à commenter et à nous écrire même en privé pour nous en remercier. Voici par exemple le commentaire de notre champion Saa Emmanuel : « Merci mon cher, nous espérons que des personnes de marque de ce genre continueront de nous tenir compagnie pour des meilleures expériences». Notre réponse à son commentaire: «Tant que nous aurons votre soutient, nous continuerons. On attendra notamment vos commentaires sous l'article !»

Alors, nous attendons impatiemment de lire vos commentaires ci-dessous. Vous avez aimé l’entretien avec Hélène? Des questions à propos, ou même à Hélène ? À vous la parole! Merci d’avance, champions.

On garde le cap !

Gervais Kamga


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